Thank you Saddam !

La pornographie marchande, politique et militaire, stade suprême de l'impérialisme

Political, Military and Commercial Pornography, the Highest Stage of Imperialism

ENGLISH ABSTRACT RIGHT AT THE END OF THIS PAGE : please scroll down
_____________________
INSOLITE ?
Dans un article sur les familles soit-disant « non cathodiques » (journal gratuit « 20 minutes », 6 avril 2005,page 36), on a pu lire :
« Bertrand, le père, 41 ans, professeurs de robotique : « Dans la famille, le plus accro, c’était moi. Je bosse beaucoup et j’avais besoin de décompresser entre 23h et 3h : la télé était comme un anesthésiant. Ce mois de sevrage a chamboulé pas mal de choses. Paradoxalement, aujourd’hui, mon point de vue sur la lucarne est plus positif. Moi qui n’ai jamais consulté un programme, j’ai appris à sélectionner ce que je regarde. Depuis la fin de l’expérience, je ne l’ai allumée que pour voir Gaymard au JT. Et puis aussi, samedi dernier : J’AVAIS LE CHOIX ENTRE LA MORT DU PAPE OU LE FILM X DE CANAL… J’AI OPTE POUR LE PAPE. »

« Canal Plus », opium du peuple français : par le football, la pornographie et la religion !


Cette chaîne de beaufs et de petits-bourgeois a connu un tel succès auprès des medias du système (il n’existe aucune critique de fond) qu’elle exporte son « décodeur » et sa camelote de « produits culturels » aux populations d’Europe de l’Est et du tiers-monde. Il est beau le développement durable !

 
Par le Groupe de R.A.P.P.
(Résistance à l'Agression Publicitaire et Pornographique)

nausees

@yahoo.fr


NAUSEES...

Il y a plus de dix ans, le temps d'un éphémère et doux embargo, sur un pays que l’ONU transforma en un immense camp de concentration donnant ainsi la mort à plus de 1000 000 d’êtres humains, une première guerre d'envergure était menée contre l'Irak. Devant la nausée suscitée par cet événement qui succédait à des parades et mascarades démocratiques - liées à la "libération" de peuples en Europe de l'Est ("chute du mur de Berlin", "chute du dictateur roumain", etc.), un premier tract intitulé "Thank you Saddam" était diffusé le 4 octobre 1990 à l'occasion d'une des premières manifestations populaires. On pouvait notamment y lire: "... le rock enfin pouvait passer le Mur, McDonald s’installer à Moscou, les queues s’allonger devant les sex-shop ; ici, les cocus de Walesa rempilaient pour Havel." Ce texte reflétait donc également la nausée des naturistes Allemands de l'Est adeptes du nudisme qui, au lendemain même de la chute du mur, ont vu fleurir des "sex-shops" dans les rues de leurs villes et villages. Douze ans plus tard, l'activité de ces pitoyables boutiques est largement relayée par les télévisions par satellite et l'Internet qui déversent les mêmes images aux mêmes populations d'Europe orientale mais aussi, fait nouveau, à celles du monde entier, goûtant enfin à la "liberté". L'éducation sexuelle des mâles à l'échelle globale avait commencé. Elle est en train de se consolider avec des cassettes pornographiques qui circulent aujourd'hui dans les villages les plus reculés du monde et même les plus vierges du point de vue ethnologique. Les mâles peuvent se distraire pendant que leurs femelles s'affairent aux tâches domestiques. Ce premier texte exprimait la nausée devant cet American Way of Life que le sinistre dictateur précédent, William Clinton, symbolise si bien et qui se résume essentiellement à la pornographisation marchande et politique des sociétés et de leurs cultures; par l'omniprésence de mac donald et des "sex-shops", et la mise au pas des media pour une information prêteàpenser (voir le pilonnage de la TV libre AlJazira à Kaboul et à nouveau à Bagdad).

Mais la nausée surgit à nouveau sur le théâtre globalisé de l'absurde et de l'ignoble. Les USA, cet Etat qui - le rappellera-t-on jamais assez ?- s'est bâti sur un génocide (Indiens), se lancent dans une nouvelle "intervention" (terme pornographique signifiant en fait attaque et agression) qui vient s'ajouter à plus de six cent autres précédentes. Oubliera-t-on aussi, dans le contexte actuel, que cet Etat, voyou et terroriste numéro 1, fut le premier à avoir utilisé des "armes de destruction massive" sur des villes entières au JAPON et massivement répandu le tristement célèbre "agent orange" sur le territoire du VIETNAM ? L'amiral Elmo R. Zumwalt, alors chef des opérations, pouvait déclarer ouvertement que son pays avait mené "la plus grande guerre chimique expérimentale de tous les temps".

Par une pornographie langagière qui leur est encore familière et qui n’est en fait que le cache-sexe de leur propagande en faveur du « monde civilisé » (car « nous sommes tous Américains » a dit le journal Le Monde), les media occidentaux ne peuvent mentionner « Saddam » sans ajouter presque aussitôt « le dictateur » alors que celui qui écrase la volonté de tous les Etats du monde sous ses "diktat" (sans parler du fameux "droit international", cette autre entité pornographique violée elle aussi sous les regards publics) n’est jamais présenté que comme "le président des Etats-Unis d’Amérique". Si "Saddam" est un dictateur, n’arrive-t-il pas, en termes de "dictature", à la semelle de la botte militaire de cet épouvantail mondial, ce $aigneur du monde ? Quelle est donc la « politique éditoriale » de ces media donneurs de leçons qui appliquent sciemment « 2 poids 2 mesures » (l’un est un dictateur et l’autre ne l’est pas) quand leurs maîtres appliquent aussi ce principe inique aux Palestiniens écrasés depuis un demi siècle par le gendarme régional ;Israël ? Rappelons ici que les soldats de cet Etat impérialiste, "pays ami", occupaient, le 31 mars 2002, les locaux de la télévision palestinienne AlWatan à Ramallah, et y diffusaient des films pornographiques. En fait de politique éditoriale propre à ces media, tout observateur lucide y reconnaît un massif « bourrage de crâne » ou, mieux, de la pornographie éditoriale dont le cache-sexe est un misérable pacifisme petit-bourgeois de façade trahissant mal leur désir non avoué que la « démocratie » (U$ !) l’emporte militairement sur la « dictature » (« Saddam » avec deux ‘d’ pour mieux résonner comme Satan !). Enfin, l’hypocrisie des Etats impérialistes « non engagés militairement », dont la France en tête, atteint des sommets d’obscénité avec leur souhait que « cette guerre soit la plus courte possible ». Les paroles « courageuses » s’envolent si vite dans l’espace aérien hexagonal que l’on ouvre aux "alliés"…

VIOL COLLECTIF, « AVEC OU SANS L'ONU », OU LA « TOURNANTE » DES ETATS IMPERIALISTES

Hier, les USA et leurs nouveaux laquais impérialistes de la « large coalition », exigeaient le « désarmement de l’Irak » au moment où ils s’apprêtaient à se jeter sur lui tels des rapaces affamés. Espionnage céleste, maritime et terrestre n'y ont pas suffi. L’Irak se trouve donc aujourd'hui dans la situation de la femme à qui le violeur demandait publiquement de se déshabiller entièrement pour la violer le premier devant les yeux de ses acolytes et des spectateurs du monde entier. La pornographie n’est pas un divertissement inoffensif. Elle n'est pas une "forme d'expression" banale mais bel et bien une forme d'action. Toute femme violée sait ce que représente le terrorisme d'une bande d'hommes menaçants ou armés. « Vas-y, fais comme tu vois », dit le violeur à Samira Bellil (Dans l’enfer des tournantes, Denoël) en lui projetant de force un film pornographique.

Cette coïncidence entre un impérialisme au faîte de sa puissance et la saturation pornographique n'est pas un hasard. La Cour Suprême des USA a refusé en 1997 de s'opposer à la réglementation sur Internet (la majorité des serveurs étant située dans ce pays) dans une interprétation de la "liberté" garantie par le premier amendement. La "liberté d'expression" invoquée est en réalité une tarte à la crème et une meurtrière hypocrisie quand toute femme violée sait pertinemment que la pornographie n’est pas un divertissement inoffensif. Elle n'est pas une "forme d'expression" banale mais bel et bien une forme d'action. Samira le sait, Jennifer aussi, cette héroïne d'un film (A gun for Jennifer [J. est maintenant armée]) où elle tue son violeur dans un geste de légitime défense, révolutionnaire bien sûr.

Au nom de cette "liberté", dont il se considère le garant le plus sérieux, l'Etat voyou et terroriste numéro 1 est en train d'imposer un nouvel ordre moral mondial pornographique qui fait déjà l'objet d'un consensus inouï rassemblant en son sein aussi bien les partis de droite, les Eglises catholique, protestante et musulmane, les partis "de gauche" et "d'extrême gauche", les anarchistes que la grande majorité des "féministes". Ce beau-monde progressiste et épris de paix descend même dans la rue pour prendre la défense des pornocrates (capitalistes, faut-il le rappeler ?) quand ces derniers se voient attaqués par quelque ministre de droite "rétrograde". Mais la pornographie n'a rien à voir avec la libération sexuelle car elle est son opposé. Des progressistes dignes de ce nom écrivaient déjà en 1960 que « la dissolution de la morale bourgeoise est l’œuvre du capitalisme »(voir aussi les écrits d'Alexandra Kollontaï et Clara Zetkine). Comment en effet expliquer cette saturation mondiale de l’image pornographique sinon par le fait que la bourgeoisie, devinant sa chute prochaine, dissout SA PROPRE MORALE dans un désir de vengeance envers le prolétariat ?

LA PORNOGRAPHIE EST LE NOUVEL OPIUM DES PEUPLES

Alexandre Soljenitsyne, qu'on ne peut soupçonner de sympathies communistes, semble regretter au moins une chose de l'ex-Union Soviétique. Il constate qu'avec la disparition du régime de cette dernière, se profile une sournoise stratégie impérialiste qu'il n'avait pas devinée: « On asservit les peuples plus facilement avec la pornographie qu'avec des miradors ». Le célèbre dissident encensé par l'Occident a compris que là où il n'y a pas de capitalisme, il ne peut y avoir de pornographie.

Politiquement, la pornographie, sous sa forme technologique actuelle, joue exactement le rôle d’anesthésie sociale à l'image de la religion au XIXème siècle, ainsi que l'avait relevé Karl Marx dans sa célèbre formule : « la religion est l’opium du peuple ». Aujourd’hui, le consensus pornographique a donc la fonction suivante : distraire les masses (et sans « pudeur », à la différence de la religion !) et leur donner ainsi l'illusion de jouir de la liberté. Le but est de détourner leur conscience sociale - particulièrement quand il s'agit des classes dangereuses des exclus et des ouvriers - des questions centrales du pouvoir et de l'exploitation.

LA PORNOGRAPHIE: UNE CULTURE DE HAINE

Comble de la confusion délibérément suscitée, les avocats de la pornographie lui revendiquent même une fonction d’éducation sexuelle. En fait d’« éducation », elle DEGRADE LES RELATIONS ENTRE LES SEXES (cf. C. Salles), n’étant foncièrement que violence, phallique, dont la métaphore des pluies de missiles sur Belgrade, Kaboul, Bagdad, entre autres, est devenue si étrangement familière aux spectateurs du monde entier. La pornographie se fonde également sur une marchandisation des corps : ceux des femmes mais aussi ceux des hommes, enfants (cf. pédo-pornographie) et même ceux des animaux. Elle est une culture de haine envers la femme, éternelle dominée, mais aussi envers l’Autre en général dont la figure actuelle est l’Etranger. L'EXEMPLE DE LA TORTURE DES PRISONNIERS IRAKIENS EST ELOQUENTE.
Que font des soldats-matons étatsuniens (nourris qu'ils sont depuis leur enfance par des images de violence et de pornographie télévisée) quand ils s'ennuient ? Ce qu'on a vu !

Que font des jeunes adolescents (nourris qu'ils sont depuis leur enfance par des images de violence et de pornographie télévisée) qui s'ennuient dans les tristes banlieues et qu'un jeune fille soit dans leur entourage ? Ce qu'on lit tous les jours dans la rubrique "faits divers" des journaux: VIOLS COLLECTIFS ("TOURNANTES").

Voilà pourquoi ce monde est si laid. C'est le capitalisme qui le rend ainsi.

La pornographie est la première atteinte aux acquis pourtant maigres de la "libération sexuelle"(cf. Alexandra Kollontaï, Clara Zetkine). Analysant l'évolution du cinéma en France, Carlos Pardo relevait que « sous des apparences libertines de modernité et sous la fascination pour les « classes dangereuses », tous ces films rejettent toute prise de position politique. Sur le fond, leur fascination pour l'abject et le sordide révèle une indéniable haine du peuple. » (Le Monde Diplomatique, fév. 2002, "Crime, pornographie et mépris du peuple"). Dans ce pays, la pornographisation massive des esprits avait commencé à l'initiative de la quatrième chaîne de télévision (canal plus) qui a proposé, avec un consensus inouï (notamment de la part de la "critique") et non démenti à ce jour, de diffuser des films pornographiques à-l'heure-où-les-enfants-sont-couchés. Intouchable, cette chaîne de télévision est restée, depuis ses débuts, encensée par une "critique" qui entérine auprès du "grand public" les choix programmatiques d’un capitalisme de la « culture » qui ne vise qu’à l'abrutissement du mâle en général, occidental et français en l’occurrence, par le FOOTBALL ET PORNOGRAPHIE.

Aujourd’hui, une revue d’« intellectuels » jouisseurs libertaires néo-fascistes et Fallacistes (directement inspirés par Oriana Fallaci, La rage et l’orgueil) peut librement vomir sa haine envers les personnes arabes ou assimilées telles en les présentant le couteau entre les dents (un classique de l’anti-communisme !). Mieux, en usant de pornographie « littéraire », non condamnée par loi : « [...] me fait préférer pour l’instant le camp américano-sioniste. Je changerai probablement d’avis le jour où je croiserai une p... palestinienne à Marseille, ….. pipes sous sa burqa pour nourrir ses enfants (ceux d’entre eux qui ne savent pas encore suffisamment marcher pour aller se faire exploser dans des cars de ramassage scolaire juifs. » (L.James, "Le pacifisme, cette tumeur inextirpable", Revue ‘Cancer’, 20 mars 03).

RESISTER A LA PORNOGRAPHIE, C'EST RESISTER AU CAPITALISME

Résister au nouvel ordre moral impérialiste de la pornographie, c’est résister au capitalisme fauteur de guerres, de haine et de violence (voir la TORTURE des prisonniers afhans et irakiens). Le Groupe de RAPP vous appelle, partout et quotidiennement, à Résister contre l'Agression Publicitaire et Pornographique, contre la marchandisation du monde, des corps des femmes, des enfants, des hommes et même des animaux. Résister à ces fléaux, c'est résister au capitalisme qui en est à l'origine tout comme ce dernier est à la source de milliers d'autres maux qui assaillent l'humanité. "La faim tue toutes les 4 secondes" rappelle incidemment un slogan actuel ! LE LIVRE NOIR DU CAPITALISME n'a pas besoin d'être présenté académiquement car il s'écrit tous les jours devant nos yeux et depuis des siècles. Il n’y a pas de capitalisme à visage humain, ni celui de mac donald, marlboro, coca-cola ou canal plus. Le RAPP vous encourage à boycotter systématiquement les marques commerciales et "produits culturels" sexistes ou basés, partiellement ou intégralement, sur la pornographie (télévision, cinéma, publicité, radiodiffusion, sites sur Internet, etc.).

Encore une fois Thank You à Saddam Husein pour tout ce suspense au fil des ans ! Thank You au héros irakien de cette tragi-comédie mondiale révélant la nauséabonde pornographie, politique et marchande, du monde.

LE CAPITALISME, C’EST LA GUERRE ET LA GUERRE, C’EST DE LA PORNOGRAPHIE !

Le Groupe de RAPP (Résistance à l'Agression Publicitaire et Pornographique) veut attirer l’attention des révolutionnaires – et donc des féministes dignes de ce nom - sur les phénomènes synergiques de la pornographie et de la réclame publicitaire.

Pour le Groupe de RAPP, guerre et pornographie (voir la TORTURE des prisonniers afghans et irakiens) sont les deux faces de la même monnaie capitaliste et actuellement du même billet vert :
CONTACT:

nausees

@yahoo.fr


Genève, printemps 2003 et mise à jour en cours (2004).

Reproduction encouragée avec indication des sources, svp.

______________________________________

LE PEUPLE AMERICAIN MERITE D'ETRE LIBERE DE LA TYRANIE

Ultimatum du surréalisme international

Télégramme à George W. Bush, président des Etats-Unis d’Amérique

Monsieur,
Considérant que :

1) Votre pouvoir est illégal et tyrannique, puisque vous n’avez pas été élu démocratiquement par la majorité du peuple américain.

2) Vous possédez des armes de destruction massive (nucléaires, chimiques et biologiques) que vous refusez de détruire.

3) Vous n’acceptez pas le désarmement ni d’être contrôlé par des inspecteurs des Nations Unies.

4) Vous bombardez et envahissez d’autres pays au nom de la « guerre préventive » et vous êtes donc une menace pour les peuples du monde entier.

Nous, surréalistes de différentes pays, réunis solennellement en assemblée générale, vous accordons quarante huit heures pour abandonner le pouvoir et quitter les Etats-Unis.

Vous êtes encerclés par nos forces et vous n’avez aucune chance.

Rendez-vous et nous vous garantissons la vie sauve et un asile politique en Afghanistan.

Le surréalisme international
Pcc : Michael Löwy
(Le Monde, 26 mars 2003)

______________________________________

1er texte de l'automne 1990 ("1ère "guerre-du-golfe"")

THANK YOU SADDAM

Il y a moins d’un an, la Hongrie ouvrait ses frontières, permettant à des milliers de camarades est-allemands de s’engouffrer à l’Ouest par la brèche ainsi ouverte. Judicieusement allumé à ce coin-là du foyer, le feu allait rapidement s’étendre aux autres pays de l’Est : en quelques jours, ce fut un vertige de grand-messes populaires, de gigantesques parades démocratiques, de desititutions sans coup férir jusqu’à la dramatique mise en scène de la chute du vampire des Carpates, suspense insoutenable aux effets spéciaux garantis, faux empoisonnements, faux charniers, faux réseaux souterrains, faux ennemis sans doute puisqu’on n’en arrêta, en fin de compte, qu’une poignée. On repensa alors à une autre époque, peu lointaine, et à ce bon vieux principe qui veut que l’on diabolise l’ancien tyran, pour éclairer d’angélisme le nouveau.

Ces annexions-là en tout cas ne soulèvent que jubilation : le rock enfin pouvait passer le Mur, McDonald s’installer à Moscou, les queues s’allonger devant les sex-shop ; ici, les cocus de Walesa rempilaient pour Havel. Biensûr on ne put cacher bien longtemps que la “révolution roumaine” n’était qu’un coup d’Etat mûri de longue date ; on apprendra plus tard que l’ouverture des frontières hongroises avait été convenue au cour de l’été lors d’une entrevue secrète entre le chancelier allemand et le ministre de l’intérieur hongrois. Le coup était joué, la récréation terminée. Les journaux parlaient de réconciliation générale, de paix universelle, de fin de l’histoire… c’était louche, il se préparait quelque chose. Evidement, on se rappela alors 1984 de Georges Orwell, les guerres incessantes, aussi haineuses que versatiles, que s’y livrent, tour à tour et à deux contre un, Eurasia, Estasia et Océania, pour maintenir les gens dans la peur. Après les Minutes de l’Amour, on attendait les Minutes de la Haine. On attendit pas longtemps.

Une semaine avant l’invasion du Koweit, Saddam Hussein reçut l’ambassadeur américain qui lui confia : « Nous n’avons pas d’opinion sur les conflits entre pays arabes, comme votre litige avec la Koweit […]. James Baker a demandé à notre porte-parole officiel d’insister sur ce point. » Les hostilités engagées, un conseiller de Bush pouvait se vanter « d’avoir conduit Hussein là où nous voulions qu’il soit ». L’ex-“dirigeant progressiste éclairé”, devenu du jour au lendemain un “nouvel Hitler”, s’était une nouvelle fois fait piéger. Croyant avoir les mains libres pour toucher la récompense de ses bons et loyaux services, après la coûteuse et meurtrière guerre que les Occidentaux l’avaient poussé à engager contre l’Iran, il réunissait contre lui un consensus politique international jamais encore obtenu, lui qu’on appelait désormais “Saddam”, pour sonner comme “Satan”.

Un des objectif de l’opération est déjà atteint, dans cette unité politique dont l’ONU préfigure le gouvernement ; mais il s’agit bien d’instaurer un “nouvel ordre international” comme la souhaite Bush, il faut toutefois en préciser les qualités : nouvel ordre militaire déjà, les lance-missiles qui jusque-là se faisaient face pivotent sur leur axe, un quart de tour vers le sud, recréant de nouvelles tensions pour, entre autres deisseins : justifier l’existence des armées après la fin de la guerre froide ; faire prospérer le complexe militaro-industriel ; prévenir ou juguler toute tentative d’agitation des quelques trois quart de l’humanité qui n’ont pour seul droit international que celui de mourrir de faim ; maintenir, en agitant l’épouvantail de l’invasion islamiste, la docilité des populations “nordistes”. Nouvel ordre économique encore, les restructurations boursières en cours favorisant l’émergence de nouvelles concentrations, sans doute aussi paradoxales en apparence que celle — si révélatrice — que dirige un Lagardère, marchand de canons d’un côté, de communication de l’autre.

Mais c’est surtout un nouvel ordre idéologique qui se met en place aujourd’hui. A la charge des médias de dicter aux opinions publiques désormais également unifiées le discours justificatif des menées militaires et de la fastueuse “entrée dans le troisième millénaire” qu’elles préparent. Aux populations qui ont perdu depuis longtemps la faculté de penser par elles-mêmes on servira l’ordinaire des démocraties totalitaires : le consensus obligatoire hors duquel il n’est que déraison et barbarie ; l’indolente torpeur des tranquillités bovines ; des crédits de mort lente dans l’illusoire modernité.

Pour d’autres, la défaite est consommée : après les curés et les banquiers, voilà les militaires qui reviennent sur le devant de la scène. Tout laisse à penser qu’ils ne la quitteront pas de sitôt, protégés désormais par un discours qui les rend plus que nécessaires, indispensables. Nous retrouverons-nous sous le châtaignier qui s’étale ?

Quant aux jeunes soldats qui vont mourir pour Koweit City, qu’ils ne s’étonnent pas d’aller sauver une dictature au nom de la démocratie, puisque aujourd’hui

LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE C’EST LA FORCE

En France, le 4 octobre 1990.
Diffuser et reproduire, s’il vous plaît.

__________________________________
__________________________________

ENGLISH ABSTRACT of the Thank You Saddam site:

POLITICAL, COMMERCIAL AND MILITARY PORNOGRAPHY, THE HIGHEST STAGE OF IMPERIALISM

The Groupe de RAPP came to light on the occasion of the last Parisian demonstrations denouncing the war against Iraq. The French acronym GRAPP stands for Resistance Group against the permanent Advertising and Pornographic Aggression (Groupe de Résistance à l'Agression Publicitaire et Pornographique). This Group aims at drawing the attention of people / and particularly revolutionary and feminist people worthy of their name / on the synergic phenomena of pornography and advertising. The GRAPP is grateful to “Saddam”, not only for the thrilling suspense over the long embargo years but above all because the Iraqi heroe of the world related tragi-comedy reveals, in these times of capitalistic globalisation and imposition of a new world order, the loathsome and nauseating, political and commercial, pornography of the world we are living in. In the opinion of the Groupe de RAPP, war and pornography are heads and tails of the same capitalistic coin, and presently of the same green bank note.

The Groupe de RAPP notes, just as Xavier Deleu did in Le consensus pornographique /published in Paris by Mango 2002/, that there is actually a consensus over pornography. This extraordinary unprecedented consensus gathers the right and far-right wing parties, the catholic, protestant and muslim churches, the so-called "left", "far-left" and “leftist” parties, the anarchists as well as a great majority of "feminists".

For the Groupe de RAPP, pornography is not any innocent inoffensive harmless kind of recreation. Neither it is a trivial “form of expression”. On the contrary, it is A FORM OF ACTION. Samira’s history has been the catalyst for the establishment of the Groupe de RAPP and the war against Iraq set it on fire. Now, any raped woman perfectly knows what the terrorism of a gang of threatening armed men means. « COME ON, JUST DO AS YOU SEE THERE », tells the rapist to S. Bellil /published in France as "Dans l’enfer des tournantes" [Within the Inferno of collective rapes]/, by Denoël 2002) as he forces her to watch a pornographic movie.

The Groupe de RAPP radically breaks away with superficial, fearful timorous narrow-minded and petit-bourgeois analysis on pornography, particularly those focussing almost exclusively on the censorship question. Not only the GRAPP brings about the responsibility of the capitalistic system by putting it to the fore but it also elucidates the latter’s strategy. As a matter of fact, capitalism knowingly and on mean purpose, produces and over produces pornography. Sometimes it uses the latter as an instrument to arouse violence among sexes and sometimes as an opium to divert people’s attention off the central questions of oppression and power.

SOME SLOGANS OF THE GROUPE DE RAPP:

-Priests and pornocrats out of bedrooms ! The Groupe de RAPP invites feminists working in the butchery or hospital surgery fields to begin to organise themselves in order to castrate the aristo-pornocrats who are infecting, embittering and poisoning our daily lives (knowing that sex is a central issue) by merchandising it out and out, to the utmost. Then, when trust comes back again between both sexes, things will be clearer for organising ourselves in order to bring down the remaining infrastructures of the multi-century capitalistic oppression.

-Women and men, recover your rights and freedom over your bodies, your sexuality and your eroticism. These have been pilfered by the brigands of the pornocraphic industry with the help of their petits-bourgeois ideologists ! Let's take again the power (press, TV, cinema, web) confiscated by the agents, brokers and advocates of a New Moral Order, much more loathsome, nauseating and dangerous than the older.

- ‘Porn’ is the gravedigger of sexual freedom and the killer of eroticism !

- ‘Porn’ is a culture of hatred !

-Resist the merchandising of women, men, children and even animals by the advertising and pornographic systems ! Let's break down the consensus !

-'Porn’ is the new opium of the people !

-Feminists and Masculists of the World, Unite !

Join now the Groupe de RAPP (Résistance à l'Agression Publicitaire et Pornographique) [Resistance against the permanent Advertising and Pornographic Aggression]. Our organisation aims at drawing the attention of people (and particularly revolutionary and feminist people worthy of their name) on the synergic phenomena of pornography and advertising.

The positions of the Groupe de RAPP have been summarised in a series of theses available on request at :

nausees

@yahoo.fr


Geneva (Switzerland). Spring 2003 and Update (the case of pornography-based torture) in progress (2004).